chambre

aoriste

réversion

la siouva

albedo

accrétion

coriolis

cladonia

ellipses

traversée

still alive

meteors ascendances

virga

particules

erosion

sporophore

excretion

substrat

cidade

specimen

cosmogonie

radiographie

sablier

SOL

sillage

l'envers

concretion

empreinte

fodere

chondrite

vallen

white rabbit

canopée

zibens

c=1/√ρχ

białe

cîme

sŭma

nebbiu

amé


Forgée par les paysages pyrénéens et montagneux, l'approche artistique de Cécile Beau tient à la perception et l'expérience d'un territoire. À la lisière du réel et du fictionnel, les oeuvres perturbent les repères sensoriels qui nous permettent habituellement d'analyser les éléments et de nous situer au sein du monde environnant.

L'installation intitulée Biale brouille successivement la perception sonore et visuelle pour mettre les mécanismes des sens à l'épreuve. La faible rumeur qui émane de Biale invite le spectateur à pénétrer l'espace même de l'oeuvre. La blancheur assourdissante qui inonde l'espace intérieur semble faire vibrer le son encore indistinct et sature momentanément la vue et l'ouïe, avant qu'elles ne recouvrent lentement leur capacité. Là, émerge peu à peu du regard encore vacillant du spectateur, une série photographique de paysages enneigés, rythmés par la seule ligne d'horizon qui dessine au fil des images un véritable panorama.

Le dispositif mis en place dresse une géographie mentale qui pose les éléments d'une situation spatiale et temporelle détournée du réel. Réalisées en Pologne, ces photographies captent avant tout un territoire et l'interaction, en son sein, des éléments atmosphériques et géographiques, humains et culturels qui le composent. Mais loin de le décontextualiser, Cécile Beau propose au spectateur de se transposer dans ce nouveau lieu de connivence, instauré par la multiplication de discrètes manipulations et altération des sons et des images, pour créer un espace de fiction pauvre.

La fragmentation et le nivellement des échelles de perception, également en action dans ses photomontages intitulés Xiezhen ("peindre d'après nature"), ne procèdent pas par objectivisation des territoires marqués par l'humain, mais au contraire en sont une expérience offerte dans la remise en cause de ses propres repères. Pour tenter de définir la culture comme une révélation dans la durée, au-delà de toute narrativité.

Leslie Compan